A la fin des années 80, Randy Robinson, dit The Ram ("Le Bélier"), était une star du catch. Vingt ans plus tard, il ne se produit plus que dans des salles de gym de lycées ou des maisons de quartier... Brouillé avec sa fille, il est incapable d'entretenir une relation durable avec quiconque : il ne vit que pour le plaisir du spectacle et l'adoration de ses fans. Mais lorsqu'il est foudroyé par une crise cardiaque au beau milieu d'un match, son médecin lui ordonne d'abandonner le catch : un autre combat pourrait lui être fatal. Contraint de se ranger, il tente de renouer avec sa fille et, dans le même temps, entame une liaison avec une strip-teaseuse vieillissante. Pourtant, son goût du spectacle et sa passion pour le catch risquent bien de reprendre le dessus et de le propulser de nouveau sur le ring pour un match ultime...
Les mots me manquent pour exprimer la beauté éblouissante que dégage le film de Darren Aronofsky. Je n'ai pas vraiment accroché à l'ensemble de sa filmographie, mais celui-ci tranche nettement avec tout le reste. Cette œuvre envoûtante dégage dès les premières minutes un aspect de pureté dans sa narration, je ne sais pas trop comment l'expliciter. On ne sent aucun artifice, nous avons l'impression de vivre réellement ce qui se produit à l'écran. La mise en scène d' Aronofsky est si parfaite qu'elle nous plonge immédiatement dans son film. Tout est à la fois cru et lyrique. Mickey Rourke, acteur que j'apprécie énormément, explose ici littéralement l'écran dans un rôle que lui seul pouvait tenir... Le personnage qu'il incarne, Randy dit le Bélier, est l'un des plus attachants, des plus charismatiques et des plus profonds que j'ai pu voir au cinéma, tous films confondus. Un grand bravo à lui, les récompenses que lui ont valu ce rôle sont bien méritées (dommage pour l'oscar loupé par contre). Les autres acteurs sont tout de même loin de faire tâche à ses côtés, Marisa Tomei et Evan Rachel Wood sont elles aussi magnifiques dans leur rôle. Le monde vu à l'écran est on-ne-peut-plus réaliste, (presque) tout semble vraiment hostile, violent, stupide et sans espoir... Les plans sont beaux malgré une caméra à l'épaule souvent collée au personnage, la bande son est géniale, on ne subit aucune longueur et on y croit de tout notre coeur. On ne peut qu'être transporté par ce portrait hors du commun, qui tiendrait presque du documentaire, dressé et porté par un acteur sublime qui a pourtant vécu la pareille. Ne passez pas à côté d'un tel chef d'oeuvre, des films aussi réussis sur tous les points sont bien trop rares.