Tu te réveilles aux aurores, le son de ton réveil est certainement celui que tu hais le plus. Tu attends quand même quelques minutes avant de réellement te lever. Il peut même t'arriver de retomber dans ton sommeil. Tu es donc encore plus énervé quand tu reviens à toi, il te reste peu de temps pour te préparer. Dans le meilleur des cas, le soleil se montre déjà à ta fenêtre, tandis que dans le pire, le froid hivernal te fera émerger dans l'obscurité, et te fera rentrer chez toi en soirée, toujours dans cette cafardeuse obscurité.
Et là, tu te dis que tu n'as pas vu passer ta journée, tu as à peine croisé les rayons du soleil. Qu'importe, vu que tu vis les 3/5 de l'année sous le ciel gris, et quand la chaleur se montre enfin, tu t'en plains car elle est trop agressive. Cette journée, tu l'as passée derrière ta table et devant tes cahiers, et tu sais que plus tard, ça n'aura pas tellement changé, ça sera simplement le bureau troqué contre la table et les cahiers. Enfin, le bureau, faut-il encore en trouver un. Un boulot, la notion élémentaire de ce monde, ce qui fait avancer notre gigantesque fourmilière, ce pourquoi tu ne vois pas le soleil en ce moment, ce pourquoi tu pourras te le payer en été.
Le travail, apparemment c'est à la portée de tous, vu que l'Humanité souhaite que chacun s'y attelle. Seulement tu devras en baver pour l'obtenir, et tu seras très souvent déçu, car tu ne feras même pas ce que tu souhaites si ça se trouve (et si tu trouves). Tu sues durant ton adolescence, pour apprendre que la vie est difficile, tu te tues à la tâche aujourd'hui pour pouvoir en faire autant plus tard, mais au moins là, tu seras payé pour ça. Tu te plaindras d'ailleurs toujours de ton salaire minable, ne t'en fais pas, c'est dans la nature humaine. Tout le monde doit travailler, c'est un devoir qui se perpétue depuis l'apparition de l'Homme. N'oublie pas que tout ce que tu aimes dans la vie est le fruit du travail des autres (même quand ils s'agit d'êtres humains ;-).
Mais bon, malgré ça, bosser ça te fait chier.
Tu devras donc te priver, acheter ta bouffe chez ED, vivre dans un taudis, sans copine dans ton lit, et laisser tomber la plupart de tes hobbies. Mais non je plaisante, tu auras toujours du temps libre pour le consacrer à tes amis. Tes amis, ces personnes qui apparaissent à tes yeux comme un don du ciel, et ça même si t'es pas croyant. En ce moment c'est eux ta bouée de sauvetage. Chaque jour, ils te font rire, t'offrent un amour et de bons moments que tu cultives avec passion, te comprennent, te soutiennent et te font sentir moins seul. Ils sont toute ta vie, et ta principale préoccupation est de ne jamais les perdre, surtout pas à cause de la
«notion élémentaire de ce monde».
En somme, tu passes et passeras ta vie à survivre. Tu te consoles et te consolera en disant qu'il y a pire que toi. Mais bon, ne parle pas trop du futur là, tu le détestes, il t'effraie et t'as pas encore assez d'expérience pour parler de l'avenir. Tu vas sur tes 18 ans, t'as déjà bien assez de préoccupations comme ça (en dehors des cours, qui, je vous le rappelle, vous empêchent déjà de voir les rayons de soleil de votre ciel). Tu désires, tu rejettes, tu désires, tu rejettes. T'es comme un gosse qui désire un jouet de tout son coeur, et qui s'en cogne une fois qu'il l'a eu, puisque finalement il en veut un autre ! Fiou, là tu te rends compte que tu n'es pas mature du tout, et que tu changes simplement pour rester le même. Tu te lasses vite et tu t'énerves pour un rien, et tout ce que tu as tapé sur ton clavier précédemment ne te conforte pas vraiment.
Tu te dis non croyant, mais tu sais qu'au fond de toi tu as foi en quelque chose. Ce n'est certainement pas le monde autour de toi, qui lui te fait royalement chier; entre ceux qui te soufflent leur clope ou leur haleine de chiottes dans la gueule, qui racontent leur petite vie merdique à voix haute en public grâce à leur portable dernier cri aussi petit qu'un suppo' (au moins ils savent où ils peuvent se le foutre), les emmerdeurs professionnels qui te donnent l'impression d'avoir reçu la vie pour te pourrir la tienne, les moralisateurs qui se permettent de te la jouer alors qu'ils ne te connaissent pas, tes supérieurs qui en profitent un peu trop, les mendiants qui te font culpabiliser (mais si tu suis leur logique, tu donnes à tous ceux que tu croises, et tu finis vite à sec), les pauvres gus qui n'ont rien demandé mais que tu ne peux pas saquer car tu éprouves toujours de la jalousie envers eux et souvent pour des conneries futiles, ou encore ces adeptes de la fashion attitude, des merdes commerciales/publicitaires actuelles, du copycat de leur prochain, des grand fléaux du monde d'aujourd'hui (Tokio Hotel, la Tecktonik, la Télé Réalité etc).
Bon, là c'est vrai que tu peux paraître complètement intolérant (chose que tu méprises aussi, au passage), voire carrément sociopathe, adjectif qu'on t'attribue souvent. Mais non, ce ne sont pas ces gens, couche majoritaire de ton entourage, de ta fourmilière, qui te donnent la foi. Tu as peut-être un minimum d'espoir à placer chez l'être humain, mais sans vraiment y croire. Il n'y a que les artistes de ce monde, que tu ne connais même pas, qui trouvent raison à tes yeux. Tu crois simplement en la fraternité, en l'amitié, en l'amour.
Et là, ce sont tes amis qui te donnent cette foi.
Un dernière pensée; le temps que tu aimes voir passer le fait bien trop vite, et celui qui te torture prend justement son temps pour s'écouler. Tu as des passions qui te font rêver, tu as des rêves qui te font pleurer. Ton passé te donne des regrets, ton présent te donne la nausée, ton futur te donne des cauchemars.
Tu renies tes espoirs, mais ils demeurent. A part ça, tout va bien.
Ryknow hates you all (ou pas)
*Ce petit pavé de douces paroles se situe entre le premier et le second degré, quelque part dans les fesses de Jabba le Hutt.